Mercredis Animés - Cycle Carnet de voyage
Projection
Pour son nouveau cycle des mercredis animés, la médiathèque vous invite à revisiter le
road movie un genre cinématographique dont le thème central est le voyage, ainsi qu’une évocation du déplacement et de l’errance.
Le road movie met en scène des personnages qui prennent la route soit en voiture, soit en
moto, parfois à pied et dont le trajet physique se transforme en un parcours intérieur. Plus
qu’une destination, c’est le chemin parcouru qui importe.
Né principalement aux États-Unis dans les années 1960-1970, le road movie est
étroitement lié aux thèmes de la liberté, de la quête d’identité et de la rupture avec les
normes sociales
Pourtant dès 1930, La piste des géants le film de Raoul Walsh interprété par John Wayne met en scène une éblouissante épopée, celle des attelages à chevaux qui traversèrent
l’ouest sauvage pour rejoindre une terre promise…
Puis suivront en 1940, les camionnettes brinquebalantes des Raisins de la colère de John
Ford durant la grande Dépression en Amérique et treize années plus tard en 1953 celles du Salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot, précédant l’arrivée en 1969 des vrombissants choppers customisés des antihéros d’Easy Rider de Dennis Hopper, toujours à la recherche d’un ailleurs plus souriant, là-bas, au bout de la route.
Dans ces récits, les personnages sont souvent contraints de fuir une situation oppressante, cherchent un sens à leur vie ou tentent de se reconstruire en changeant d’identité comme Jack Nicholson dans le chef d’oeuvre de Michelangelo Antonioni Profession reporter (1975).
Les rencontres que font les héros de ces récits en chemin
jouent un rôle essentiel et transforment leur regard sur le monde et sur eux-mêmes : Pour Compartiment N°6, le finlandais Juho Kuosmanen -récompensé au Festival
de Cannes en 2021- met en scène Laura, étudiante en archéologie qui fait une rencontre inattendue avec Ljoha, un Russe.
Visuellement, le genre met souvent en valeur de grands espaces, des paysages ouverts et changeants, symboles d’évasion mais aussi de solitude.
Jim Jarmush réalisant en 1984 Stranger than paradise qui va contribuer également à la pérennité du genre, rééquilibrant par son exigence de chroniqueur décalé, le fétichisme de la vitesse exploité par Hollywood dans des oeuvres telles que Midnight run de Martin Brest en 1988 ou Thelma et Louise de Ridley Scott en 1991.
La souplesse des codes du road movie a permis à ce genre de fleurir sur tous les continents, de s’adapter à toutes les cultures : des Valseuses (1974) de Bertrand Blier au Tandem de Patrice Leconte en passant par Western (1997) de Manuel Poirier ou plus récemment à On ira d'Enya Baroux (2025), les cinéastes français proposent une image de la route détachée des contraintes narratives propres au cinéma américain.
Enfin, l’errance des sans-logis, des gens du voyage, des troupes d’artistes itinérants a inspiré des réalisateurs aussi différents que peuvent l’être Agnès Varda avec Sans toit ni loi en 1985, Tony Gatlif qui signe en 1992 Latcho drom et David Lynch pour Une histoire vraie en1999.