Un voyage dans les Requiem, du moyen-âge à nos jours, à travers 18 extraits, Victoria, Purcell, Cherubini, Mozart, Berlioz, Fauré, Gjeilo, Duruflé etc.
« Requiem æternam dona eis, Domine » – « Accorde-leur le repos éternel, ô Seigneur. » Depuis plus de cinq siècles, ces mots latins ouvrent certaines des pages les plus bouleversantes du répertoire classique. Le Requiem n’a cessé de se réinventer, oscillant entre prière, théâtre et réflexion sur la condition humaine.
Ce concert qui nous invite à traverser le temps et les œuvres dédiées à la messe des morts est composé de dix-huit extraits de pièces empruntées à dix-sept compositeurs célèbres. Allant de la période médiévale au contemporain (trois des compositeurs sont nés en 1978 !) nous vous offrons un Requiem particulier qui balaye l'histoire de la musique vocale.
De la liturgie médiévale aux audaces contemporaines, il raconte moins la mort que la manière dont chaque époque la regarde. Une liturgie qui a inspiré de nombreux compositeurs, dont voici une sélection parfaitement subjective.
L’original : la messe grégorienne
Chant caractéristique de la liturgie latine, le grégorien trouve sa source dans la vie monastique du haut Moyen-âge. Les morceaux de la messe des défunts sont pour la plupart encore valables dans la liturgie réformée après le concile Vatican II.
Le plus classique : le Requiem de Mozart
Assurément, le requiem de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) est le plus célèbre, composé l’année de sa mort, il brille par sa hardiesse.
Le plus long : le Requiem de Brahms
Johannes Brahms (1833-1897) n’a pas tellement cherché à produire une œuvre liturgique quand il a composé, en 1868, son « requiem allemand », c’est-à-dire non catholique. Une partition qui s’inspire autant de la messe des défunts que de textes de l’Écriture (dans la bible de Luther) rend ce Requiem plus œcuménique.
Le plus romantique : le Requiem de Verdi
Associé à la naissance d’une nation italienne et figure emblématique du Risorgimento, Giuseppe Verdi (1813-1901) est l’auteur d’un requiem très connu et imprégné des sonorités romantiques. Exécuté pour la première fois à Milan, en 1874, il associe fougue et passion.
Le plus lumineux : le Requiem de Fauré
Organiste titulaire de l’église de la Madeleine, à Paris, Gabriel Fauré (1845-1924) n’est pas seulement l’auteur du Cantique de Jean Racine, mais aussi celui d’un requiem considéré comme son chef-d’œuvre et composé en 1887.
Le plus éthéré : le Requiem de Maurice Duruflé
Maurice Duruflé (1902-1986) assistait Louis Vierne, organiste titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris quand celui-ci mourut soudainement. Vivant à partir de 1930 place du Panthéon avec son épouse Marie-Madeleine, elle aussi organiste, Duruflé créa en 1947 un requiem très influencé par la messe grégorienne affirmant une parenthèse de mystère comme un moment suspendu.
Voici donc le chemin que nous vous proposons de suivre… un voyage en Requiem(s) : prière pour les morts … et pour les vivants.